lundi 26 décembre 2016

Castille de la ruche

Je trouvais déjà le castille de Patsch super intéressant : un 100% olive pas gluant, prêt rapidement, idéal pour les peaux sensibles et la peau délicate des tout petits. Quelques événements m'ont amenée au savon dont je vous raconte l'histoire aujourd'hui. C'est pas le plus beau, mais il m'a complètement charmée.

D'abord, j'ai acheté une cire blanche en pastilles dont je ne supporte pas l'odeur. Bon d'accord, j'ai un nez de princesse : je la sentais même dans les baumes (moue de dégoût), alors il fallait trouver une façon de l'utiliser, car je n'aime pas trop jeter et j'en ai beaucoup. J'ai un "castille de Patsch" (fait au printemps dernier) sur le bord de mon évier de cuisine. Il contient 3% de cette cire : le savon est d'une dureté pas croyable et fond si lentement que je lui en veux presque...


Ensuite, j'ai utilisé du miel dans un savon la semaine dernière, pour la première fois. Je suis absolument ravie du feeling sur la peau. J'avoue que je ne suis pas fan de l'odeur du miel à l'état naturel, mais ça sent presque le caramel dans le savon. Évidemment, tout cela était fait en HP, j'ai mis 3% de miel, la moitié dans l'eau de dilution de la soude et l'autre dans les huiles avant de mélanger avec la soude. J'avais ajouté, comme dans les 2 articles précédents, du lactate de sodium et du yogourt pour garder la pâte assez fluide et faire 3 "pencil lines" avec mica argent et oxyde rouge au centre, avec passage du cintre.


L'idée d'un 100% olive avec miel et cire d'abeille a donc commencé à me titiller. J'ai appris de l'expérience précédente qu'il faut bien surveiller la cuisson, car la température monte haut et j'ai dû brasser beaucoup à découvert pour qu'elle baisse un peu.

La formule
(pour 1,8 kg d'huile)

Huile d'olive raffinée Bertolli 100%
Soude concentrée à 30% surgras calculé à 6%
Miel 3% du poids des huiles
la moitié dans l'eau de dilution et l'autre dans l'huile avant la cuisson
2 grosses cuillères à soupe de lait de chèvre en poudre
dans l'huile avant la cuisson (astuce : un petit coup de mélangeur et bye bye grumeaux!)
Lactate de sodium 3% du poids des huiles (ajouté à l'eau de la soude)
Cire d'abeille 3% du poids des huiles

Après la cuisson
HE lavande 40/42 de NDA 4% du poids des huiles
2 grosses cuillères à soupe de yogourt nature

Ce que j'aime du HP, en plus de tout ce que j'ai énuméré dans les 2 articles précédents, c'est qu'on peut faire fondre les beurres / cires dans la mijoteuse pendant que la soude tempère un peu. Cette fois, c'était la cire et l'huile qui ont chauffé lentement pendant que la soude, devenue orange cuivré à cause du miel, reposait un peu dehors... Voici une photo de la couleur, prise de mon savon précédent...


La trace a été très rapide, j'imagine que c'est à cause de la cire d'abeille. La cuisson a pu commencer...





C'est allé très vite et à ce stade, j'ai dû ressortir le mélangeur à main et mixer. Pas de photo de la dernière étape, car la pâte n'était pas aussi fluide que je l'aurais souhaitée et je n'avais pas une minute à perdre... La prochaine fois, je concentre ma soude à 28%. Ma logique, voulant qu'une réduction d'eau avec un castille ne nuirait pas à la fluiditié, n'était pas bonne. Probablement que la cire d'abeille vient changer la donne et c'est très bien comme ça. La pâte était épaisse et difficile à brasser, même avec l'ajout de yogourt et la bonne quantité de HE. J'ai dû mouler assez vite et taper très fort le moule sur le comptoir, car j'étais sûre d'avoir des trous dans le savon...

L'hiver a ses avantages, notamment celui de pouvoir mettre les savons HP dehors et les laisser refroidir là.

Pendant ce temps-là, le nettoyage est rapide et facile. Voyez la mousse de ce savon qui a mauvaise réputation à ce niveau... Je n'ai fait que rincer la mijoteuse. D'ailleurs, la présence de mousse quand on rince est un bon indicateur que le processus est réussi 😊


Démoulé et coupé 6 heures plus tard, je suis encore une fois étonnée de la dureté de ce savon. Je crois que si j'avais attendu plus longtemps, il aurait été friable. C'est probablement dû à la présence du lactate de sodium, mais il apporte une douceur dont je ne me passerais pas.

Voici mon pas-beau-mais-si-doux-qu'on-lui-pardonne-tout.



Voici ce qu'il a dans le ventre après seulement 24 heures
(merci à mon fiston pour les photos) :



L'odeur est intéressante, on sent à la fois le fond de caramel avec la lavande qui se déploie au lavage. Je suis bien contente de constater que cette lavande tient dans le savon, et encore plus en HP. En cette saison de peau sèche et irritée, ce savon est un vrai baume pour une maman qui doit se laver les mains souvent...

8 commentaires:

Guilda a dit…

Ha ben toi tu as bien expliquer je vais essayer ca cette semaine un tres grand merci ´a toi Sabrina et aussi merci pour tes précieux conseil bisous

Rokia Diomande a dit…

Je te l'avais déjà dit mais j'adore ce savon pour sa beauté brute et pur. Je pense que si ton savon est aussi dur c'est dû à la combinaison du lactate et de la cire qui joue le même rôle. As tu pensé à réduire 1 des 2 ?
Et la question as dû t'être déjà posé mais combien de temps dure la cuisson au total?
Good job 😍😍😍

Sabrina K. a dit…

Merci Guilda! J'ai hâte de voir ce que tu feras :)
Merci Rokia! Bonne déduction pour la cire et le lactate de sodium, mais j'ai eu le même problème de savon trop dur avec seulement 3% de lactate de sodium en SAFour. Étonnamment, cette fois était moins pire que les expériences précédentes. Au moins, il ne s'effritait pas... La durée de cuisson dépend vraiment de la mijoteuse, j'y vais plus au visuel qu'au temps, car entre 2 mijoteuses le temps a varié beaucoup. Avec celle que j'utilise maintenant, ça prend entre 30 et 45 minutes. Merci pour ton commentaire!

gingembre a dit…

Magnifique !
Sabrina, j'adore ton "tuto" ! J'aime beaucoup les savons au miel et à la cire.
J'ai vraiment envie de tester ta formule mais je n'ai pas de mijoteuse. Est-elle indispensable ? Peut-on s'en passer ?
Comment as-tu fait tes lignes de couleur ? Ça m'intrigue vu que la pâte est épaisse.
Bonne fin d'année :)

Rokia Diomande a dit…

Merci sabrina
J'étais hésitante pour le hp mais avec ce nouvel article savon 100% olive, je vais me lancer. 😘

Sabrina K. a dit…

Rokia, je n'ai aucun doute que tu le réussiras haut la main :)
Gingembre, bonjour et joyeuses fêtes! Je pense que si tu veux faire du savon à chaud, tu peux le faire au bain-marie, j'ai vu passer des tutos sur le web pour cette méthode, qui semble être plus populaire en France. Pour les lignes de couleur, c'est très simple, on moule une partie de la pâte, puis on saupoudre de mica ou oxyde, puis encore une couche de pâte, on saupoudre et une dernière couche avant de couvrir du reste de la pâte. Ensuite, je passe le cintre dans un mouvement de 8 à la verticale dans le moule, je tape le moule sur le comptoir pour chasser les bulles d'air et voilà! Ce qui peut être problématique, c'est quand on met trop de mica ou oxyde, ça peut faire séparer le savon, donc j'en mets assez peu et de façon volontairement inégale. Je ne sais pas si je suis claire, mais si tu as des questions, tu sais où me trouver.

michele a dit…

La couleur est appétissante à souhait. Je trouve que la cire d'abeille est difficile à saponifier ou alors je ne sais pas bien m'y prendre.

Il faut que je te relise à tête reposée parce que c'est quand même très appréciable d'avoir des savons durables.

Et cette mousse!

Sabrina K. a dit…

Michèle, j'ai eu du mal avec la cire d'abeille aussi. C'est vraiment parce que je ne veux pas jeter que j'en utilise, ça me permet d'explorer en plus, donc rien ne se perd. Ce que j'ai retenu de mes expériences, il faut travailler à chaud (évidemment) et bien brasser. Je compte élargir les horizons bientôt et faire du hot process avec des cires florales. Il y a une cire d'orange qui m'appelle aussi, d'un fournisseur d'ici.
En saponification à froid, la cire d'abeille ne m'a apporté que problèmes et complications. Je me disais que je ne savais pas faire, alors que je pense qu'elle montre son plein potentiel en hot process :)
À bientôt!