samedi 28 novembre 2015

Une crème douceur

Entre l'ester de sucre et ma peau, la chimie s'est produite et que dire...
LIKE! LOVE!
Pas de sensation grasse
Pas de pores bouchés
Du frais, de la souplesse, de l'hydratation qui dure et dure...

Comme je me frottais les mains avec ce qui restait de la crème visage, j'ai remarqué qu'elles profitaient aussi de la douceur de l'émulsion. J'ai donc eu envie de tenter une autre variation sur un canevas similaire. Au départ, je la voulais pour les mains, mais j'ai pensé à fiston #2 qui a déjà ses petites plaques sèches d'hiver (parenthèse : c'est tellement mieux depuis que je fais nos savons!). J'ai formulé de façon à élargir le spectre des bienfaits, mettons.

De l'eau pour hydrater
De l'hydrolat de lavande pour adoucir, nettoyer, réparer
Du gel d'aloès pour hydrater et nourrir

Puis on donne une place aux plantes macérées dans l'huile :

Macérat de camomille pour du doux, du calme, du sent-bon naturellement
Macérat de calendula pour re-du-doux, du répare-plaques-sèches

Des beurres en mini quantités, mais essentiels selon moi :

Du karité pour régénérer et protéger la peau
Du beurre de mangue pour son côté émollient

Des huiles essentielles en quantité minimale pour la douceur : lavande et camomille noble

En %

Phase aqueuse
Eau déminéralisée 63,6%
Glycérine végétale 5%
Ester de sucre 5%

Phase huileuse
Macérat camomille allemande (sur coco fractionnée) 4%
Macérat calendula (sur coco fractionnée) 8%
Beurre de karité 3%
Beurre de mangue 3%
Glyceril stéarate (cire émulsifiante végétale ou émulsifiant VE) 4,5%

Actifs et conservation
Vitamine E 0,1%
Cosgard 0,8%
HE lavande 1,5%
HE camomille noble 1,5%

Pour l'émulsion, chauffer les 2 phases jusqu'à 70-75°C, les joindre à cette température et mixer pendant quelques minutes. L'ester de sucre a tendance à mousser un peu, donc faire attention à ne pas entrer trop d'air dans l'émulsion. Ensuite, on mélange doucement à la main jusqu'à refroidissement complet de la crème. Ajouter conservateurs et huiles essentielles sous la barre des 40°C. À ce stade, l'émulsion est encore assez liquide (elle épaissira dans les heures suivantes), elle est donc facile à verser dans les contenants préalablement désinfectés qu'on choisit. Pour ma part, j'ai choisi un flacon airless et un tube tottle.

Au lendemain de cette fabrication, la crème a une belle consistance épaisse mais-pas-trop. Elle est rafraîchissante et s'étale super bien. Le beurre de mangue se fait sentir : légèrement gras les premières minutes, mais très vite la peau boit tout. Peut-être que j'en mettrais un peu moins une prochaine fois.


Voici donc ma crème douceur et souplesse pour les mains et le corps :


jeudi 26 novembre 2015

Le simplissime

Fougue et ferveur, jongler les micas et les oxydes, bouger du cintre, improviser des séparateurs dans du carton,
Produire, produire, produire
Pour le plaisir...
La joie!

Pouf!
Novembre.
Le gris.
Beyrouth.
Paris.

La mort. De très près (ma mère). De très loin.

Du coup, même si ma gaieté se retrouve

Ici

Et là

J'ai eu envie de faire du simple. Du simplissime.
Alors voilà le résultat de mon temps passé à jouer avec les quantités, avec le petit défi personnel de m'en tenir à trois huiles seulement.


J'avais du jus d'aloès acheté par mégarde (je voulais du gel d'aloès). Je l'ai donc récupéré en l'utilisant comme liquide pour diluer la soude. Les températures basses de cette période me permettent de faire mon mélange dehors et laisser refroidir. J'ai trouvé qu'avec le jus d'aloès, ça a mis plus de temps qu'avec l'eau par contre.

Ma chère Patsch m'a ouverte à l'art de savonner en réduisant l'eau. Même quantité de soude, moins d'eau, démoulage plus rapide et autres bienfaits pas encore explorés :D

HE
Orange douce 5 fold 20ml
Tangerine 5 fold 10ml
Pamplemousse rose 5ml
Benjoin 10 gouttes

J'ai que des garçons, mais pourquoi pas? Il y a une fillette en moi, après tout ^_^



C'est ici que ça devient un mystère... J'avais joué à verser une même pâte à différents stades de trace dans ce savon-ci (au miel) :


J'ai voulu reproduire cette expérience avec mon savon simplissime, puis jouer du cintre dedans, juste pour voir. Comme la couleur naturelle de la pâte m'enchantait, j'ai tout de suite mis le moule au congélateur pour éviter une phase de gel (pourquoi dit-on gel quand ça chauffe en fait? Mystère...). Il y a passé 14 heures. Je l'ai sorti et laissé tranquille jusqu'aux 24 heures ... hum ... "réglementaires"?


Démoulage facile, on se prépare à couper, hop, une première tranche et ...
SURPRISE!



Bon, j'aurais voulu, j'aurais pas pu.

Puis le lendemain matin, ça change encore :


Vous n'imaginez pas ma hâte de voir l'évolution...
Je reviens vous montrer, si ça vaut le coup!

Bon alors 3 jours plus tard, je suis déçue de constater que le pattern s'est évanoui et devient de plus en plus difficile à distinguer... Pas grave, le savon sera doux. Après tout, même si on s'amuse à faire des dessins dans la pâte, ce qui importe, c'est la douceur de nos savons et l'amour qu'on met dedans, non?


vendredi 6 novembre 2015

Baume à lèvres à l'orange

Une Myriam pleine de vie et d'entrain m'a envoyé un baume à lèvres (et des savons magnifiques) de l'autre bout du monde...
Euh. Oups. Je recommence.
Je disais, donc. Myriam, pleine d'humour et pas-princesse pour deux cennes, vit ici.
Pour moi, c'est le bout du monde.
C'est l'inconnu chez moi.
Parce que tout le monde sait que Montréal, ce cher Montréal, peut se suffire à lui-même au point d'en oublier que le Québec, ce n'est pas "que" Montréal... Y a pas à dire, je me sens moins perdue à New York, Toronto, Madrid, Paris... Quelle snob je fais!
Juste à l'imaginer là où elle vit, cette femme qui a choisi le là-bas, j'ai le vertige et l'ivresse du grand air. Je me demande ce que ça fait, comme silence en dedans, lorsqu'on se soustrait à cette folle activité de la grande ville, à laquelle je suis si habituée que c'est l'angoisse quand je la quitte.

Mais je m'égare!

Son baume à lèvres a été tant aimé chez moi que j'ai fini par ramollir et le donner à mon fils de 7 ans, qui me le demandait tout le temps. Le baume sent et goûte l'orange, une délicieuse expérience!

Sans chercher à copier son baume, je me suis plutôt laissée aller à lui demander OÙ elle avait trouvé sa fragrance. Évidemment, comme c'est une belle âme et qu'elle partage ses sources, elle m'a dit qu'elle avait pris ça chez Les âmes fleurs. Si tôt dit, si tôt commandé.

Pour une raison que j'ignore, mon baume à lèvres cacao-lavande est le plus populaire dans mon entourage. On m'en redemande. Pourtant, il est tout simple, peut-être bonifié par l'ajout de petits détails découverts au fil des expériences, comme le céralan pour plus de moosh-moosh et éviter que le karité granule (ça marche!), puis le chocolat blanc pour un petit + sucré et onctueux (merci Princesse et Michèle!).

Bref, vu le succès de cette formule simplissime, je ne me suis pas trop cassé la tête, j'ai seulement fait quelques ajouts et troqué la lavande pour la fragrance (sublime, vraiment!).

Y avait-il vraiment de quoi en faire un article?

Bof. Peut-être pas. Mais vous savez, un bonheur qui n'est pas partagé n'a aucune valeur à mes yeux. Alors je partage :D

Pour 6 tubes (en grammes)

Huile de calendula (macération maison sur coco fractionnée) 8 - Si on n'a pas de macérat, on peut remplacer par de l'huile de coco fractionnée ou jojoba, simplement.
Huile d'argan bio désodorisée 8
Beurre de karité bio 7
Cire d'abeille blanchie en pastilles bio 6
Beurre de cacao 5
Chocolat blanc 3
Céralan (cera bellina) 0,5
Fragrance naturelle et bio à l'orange des Âmes Fleurs 0,5
Vitamine E 0,3



jeudi 5 novembre 2015

Qu'est-ce qui macère?

Depuis que j'ai commencé à faire du savon, je m'amuse, si vous saviez!
Pour donner la réplique à mon travail que j'adore mais-qui-me-draine.
Pour le plaisir des sens.
Pour la joie de créer.
Pour cette impression de plonger les mains dans la terre.
Parce que c'est un peu moins contraignant que les cosmétiques (désinfection grrmmpphl).
Parce qu'on peut mettre des trucs dans des savons qu'on n'imaginerait jamais mettre dans une crème ou un baume (des fruits, des légumes, du lait, de la tisane, etc.).

Tiens, de la tisane!

Durant un grand ménage des armoires pour faire-de-la-place (fou, les choses qu'on garde et dont on n'a PAS BESOIN!), j'ai trouvé des pots encore plein de mélanges de thé rooibos et tisane de chez David's Tea. J'ai vraiment essayé de diminuer le café, mais malgré toutes mes bonnes intentions, je suis accro à mon bol de café au lait, 2 parfois 3... Je ne jetterai donc pas mes mélanges de David's Tea, ça non, je vais plutôt les faire macérer dans de l'huile de coco fractionnée et expérimenter la saponification avec le résultat!

Ici, récupération d'un fond de thé rooibos choco-menthe (même pas une cuiller à thé!) + tisane coco-menthe : pommes déshydratées, noix de coco, feuilles de ronce, menthe poivrée, menthe verte, arôme naturel de noix de coco.


Ici, récupération d'un thé rooibos à la fleur d'oranger : rooibos, raisins de corinthe, zeste d'orange, fleurs d'oranger, vanille, fleurs de souci (calendula), pétales de carthames, arômes artificiels. Quels sont ces arômes? Nul ne le sait, mais ça expliquerait peut-être mon manque d'élan vers ce breuvage, qui sent meilleur qu'il goûte!



Ici, des teintures d'encens. À gauche : 10% résine de benjoin dans alcool 94%. À droite, 20% encens oliban dans alcool à 94%. Je sais, je suis cinglée, mais c'est le parfum que j'essaie d'attraper, alors je vais probablement trouver ma voie vers l'oléorésine, si une telle chose est envisageable. Sauf que je sais pas comment et mes recherches sont plutôt infructueuses. Si une âme généreuse lit ceci et veut bien partager son savoir, allez-y dans les commentaires :)


Voici ce qui macère chez moi en ce moment. Possible que la macération coco-menthe serve aussi à la fabrication de baumes à lèvres, ce serait dommage que la soude s'en empare au complet : ça sent tellement bon!

Update 8 novembre 2015

Ben voilà. J'étais o-bli-gée d'essayer! Baume à la macération de tisane coco-menthe sur coco fractionnée et miel (bah oui, + les incontournables beurres et huiles et autres trucs qui font que ça tient!)...