jeudi 31 décembre 2015

Comment le bois devint du marbre...

Elles s'enflamment sur un savon aux allures de bois, une oeuvre magnifique!
Vous pouvez le voir ici...
Et nous voilà, toutes, à chercher comment c'est fait.
Et une théorie par ci, une théorie par là...
La mienne : un marbrage "in the pot" + un faux funnel.

Mais peut-être...

Peut-être que je pourrais essayer quelque chose?

J'ai une idée!

Et si je faisais un "spinning swirl" en n'utilisant que du blanc et en saupoudrant librement du charbon en poudre entre chaque étage?

Hop hop hop, les vacances sont commencées, pas de raison de ne pas le faire!

La formule :

(pour 840 grammes de gras)

Huile de noix de coco 24,8%
Huile de palme 25,7%
Beurre de mangue 9,5%
Huile d'arachide 33,3%
Huile d'amande douce 4,8%
Huile de ricin 1,9%

Soude concentrée à 30% + eau déminéralisée, mélange à calculer pour un surgras de 8%

HE eucalyptus radiata de New Direction Aromatics (NDA) 10g
HE lavandin NDA 10g
HE menthe poivrée NDA 10g

+ 1 petite c.à.t. d'argile blanche

J'ai utilisé ce moule carré en silicone :


Et ce truc à tisane pour saupoudrer le charbon en contrôlant la quantité :


J'ai travaillé avec une trace très légère et à température pièce, étant donné la quantité de gras durs. J'ai versé de la pâte dans chaque coin et un peu au centre aussi, puis j'ai saupoudré d'un peu de charbon, avant de verser à nouveau dans chaque coin, puis au centre. La pâte épaississait un peu trop vite à mon goût, mais j'ai eu le temps de terminer et tourner le moule sur lui-même à quelques reprises.


Mis au four à 65ºC pour 1h30.


Je crois que le savon a chauffé 15 minutes de trop, car le moule fait environ 3,5 cm de hauteur (ça cuit plus vite). Il a boursouflé légèrement, j'aime pas du tout le fini que ça a donné. Par contre, j'adore le côté translucide du blanc, facile à obtenir en SAFour avec une pâte naturellement blanche.


Alors ce sera un cas de chirurgie. Démoulé 12 heures plus tard, j'ai sorti l'attirail pour lui faire une beauté : couteau, mandoline, coupe-fromage et j'ai alterné avec les outils, cherchant à le rendre lisse et bien proportionné :)



Je vous cacherai pas que si je cherchais à reproduire une texture de bois, je ne suis pas déçue du résultat pour autant. J'ai fait des savons marbres ^_^







Puis avec tous les morceaux charcutés, j'ai une petite idée récup... À suivre...


Je suis trop de bonne humeur, je vous parlerai pas du ménage ensuite!

Bonne année 2016 à tous, tous mes meilleurs voeux et merci de me lire et de commenter, vous me faites immensément plaisir chaque fois que vous venez chez moi!

mardi 22 décembre 2015

Le castille de Patsch

Ma belle Patsch a déposé ceci sous nos yeux curieux.

Quoi? Un castille, un vrai, 100% huile d'olive pas gluant et prêt en une semaine?? (ou moins!)

IL FAUT QUE J'ESSAIE!

Et à lire les commentaires et le dernier article de Michèle sur Potions, je ne suis pas la seule qui a eu envie de se jeter dans le chaudron...

Comme j'avais envie de plus de bulles, j'avoue avoir dévié du 100% olive pour faire un 80% olive 20% coco. Parfumé aux HE de lavande, lavandin, romarin et benjoin.

J'ai tout fait comme dit Patsch, en concentrant la soude à 40%. Cela veut dire qu'il y a beaucoup moins d'eau, mais la même quantité de soude. J'ai calculé ma soude pour un surgras de 8%.

Ça faisait bizarre de travailler avec aussi peu d'eau, mais je lui fais confiance, à Patsch.

Aussitôt dit, aussitôt fait : la trace a mis un peu plus de temps à venir que le temps annoncé dans l'article de Patsch. J'avais une huile d'olive extra vierge biologique d'un beau vert foncé, très dense. J'imagine que ça joue. Donc environ 5 minutes au batteur à main.

Mis en moule et déposé dans mon nouveau mini-four (hum hum ça coûte cher la savonnerie pfff) à 65ºC pour 3 heures et laissé reposer 22 heures à la même place. Pourquoi 3 heures? J'ai mal lu! Ha ha! J'aurais pu laisser 2 heures. Je ne crois pas que ce soit si important, tant que ça marche.


Il restait de la pâte, j'étais curieuse de voir ce que ça donnerait en saponification à froid classique. J'ai donc versé dans d'autres moules. À l'heure où j'écris, c'est encore super mou alors que l'autre savon est déjà coupé...


Donc je sors le moule du four ce matin, démoulage facile, très très facile. Le "pain" se manie comme un charme et ça se coupe aisément. Ce qui ne laisse de me surprendre, c'est l'odeur. J'aurais cru que la chaleur aurait tout anéanti, mais c'est plutôt l'inverse : c'est plus intense. Une odeur riche de lavande où on sent bien la pointe de romarin. Si ce n'était de l'huile de coco, je l'appellerais "Le Provençal".

Celui qui est dans le moule Hello Kitty ne sent pas du tout ça.

Oh, je sens que je vais aimer ce procédé!!

En plus, j'ai la chance de connaître une Linda Couture qui m'a fait un tampon en se basant sur mon passé en danse flamenco et mon amour pour les elfes/fées. C'est de toute beauté! Maintenant, mon défi sera de repérer le bon moment pour tamponner ^_^









Juste pour le plaisir, une petite comparaison entre la pâte dans un moule Hello Kitty individuel en SAF classique à côté de l'autre en CPOP (Cold Process Oven Processing ou SAFour). D'accord, pour vraiment comparer, comme dit Patsch, il faut que la seule différence soit le procédé, donc même recette, même moule, 2 procédés. Ce sera à essayer :D


samedi 19 décembre 2015

Ciel, un savon!

Un de ces matins, prisonnière de ma voiture vers le boulot, à la queue leu leu d'heure de pointe de grrr, j'avais devant moi un ciel fabuleux... J'ai tenté d'en croquer un bout avec la caméra de mon téléphone, mais on ne voit pas bien. Il y avait du jaune, du doré, du bleu, du gris, du beau malgré qu'il faisait moche.

Ensuite, j'ai pas pu m'enlever cette image de la tête. Je DEVAIS l'essayer en savon, au risque de me planter. Je me méfie des "projets" avec les savons, par crainte d'être déçue, mais qui ne tente rien...


Parce que je voulais gérer mes couleurs, j'ai repris une formule inspirée de Michèle pour un savon blanc naturellement, avec quelques modifications. Bon ok, c'était sans penser à mes HE, orange 5 fold et eucalyptus. L'orange étant d'une couleur indéniablement orange, j'ai su que j'étais dans le pétrin à la seconde où j'ai ajouté mes HE au stade d'émulsion, juste avant la trace légère.

Bon, d'abord, la formule :


J'avais pensé mes couleurs : jaune, or, bleu, deux nuances de gris. Mélanges de couleurs faits avec un peu d'huile prélevée du mélange d'huiles pour le savon avant d'y ajouter la pâte encore en émulsion. Je trouve que faire cela permet d'éviter les mauvaises surprises, on peut choisir son niveau de trace ensuite, en mélangeant avec la couleur. Pour le doré, je n'ai que mélangé avec un peu d'huile et j'ai badigeonné mon demi-cylindre résiduel d'un autre savon. J'ai vu d'autres savonnières américaines mélanger argent, doré ou cuivré avec de la glycérine, mais j'ai pas tenté cette fois.

Mica or dans l'huile


Couleurs



Cylindre


Mais comme il est utile d'être préparée pour les surprises, j'avais gardé mes micas proches. Quand j'ai vu le bleu devenir vert à cause de l'ajout de l'HE d'orange, j'ai ajouté du dioxyde de titane et de l'ultramarine. Ça a fonctionné. Le gris était verdâtre aussi, j'ai donc rapidement mélangé du charbon et du dioxyde de titane avec un peu d'eau. Ça a "fonctionné", mais nous y reviendrons...

Désolée, je ne peux pas mettre les quantités de micas et oxyde utilisés, car j'ai fait à l'oeil. J'ai pris l'oxyde jaune de Naples de chez Coop Coco, le mica or envoyé par ma gentille Patsch, mica bleu pâle, dioxyde de titane, charbon noir activé...

Pour les HE dans la recette : 10g d'eucalyptus globulus et 15g d'orange 5 fold qui-tient-dans-les-savons - mais qui change tes projets de coloration aussi, pfff.

J'ai versé par étages, cherchant volontairement à ne pas faire des lignes droites. La trace était donc relativement légère. Parfois, je prenais le pinceau avec mica or pour arroser certaines couches, voulant créer un effet d'éclaircies. Le temps que je m'active, le gris plus foncé est devenu super épais, j'ai donc déposé ces "nuages" à la cuillère. Ça s'enfonçait dans le gris pâle, c'était amusant.

À la fin, j'ai arrosé le top avec ce qui me restait de mélange huile/mica or et j'ai dessiné des motifs.

Comme j'avais fait une réduction d'eau au départ, le savon a été démoulé et prêt à couper en un peu moins de 24 heures.

Bon. C'est pas tout à fait ce que j'espérais, le cylindre avait été emballé dans un plastique, mais datait quand même d'octobre. Il a déteint, on le voit à peine. Bof.







Auntie Clara a écrit quelques articles sur le lien entre dioxyde de titane, pourcentage d'eau et apparition des rivières de glycérine. J'en parle, car là où j'ai mêlé le charbon-dioxyde de titane + eau avec la pâte à savon, j'ai eu des mini-rivières de glycérine. Ici pour lire Auntie Clara.



vendredi 4 décembre 2015

Savon aux 2 argiles et à la crème hydratante!

Crèmes d'hiver, crèmes d'été.
Au printemps et à l'automne, je fais du entre-saison : hiver pour printemps, été pour automne. Ainsi, quand l'hiver ou l'été commencent franchement, il reste des fonds de crème dans des pots qui, ma foi, ne me tentent plus trop.

Un petit détail dans un article de Venezia m'est revenu en tête alors que je me demandais que faire de ces fonds de pots-de-crème. J'ai retenu qu'il lui arrive de recycler des baumes dans des savons. Puis sur un groupe FB, j'ai vu une savonnière mettre de la crème hydratante dans son savon.

Y en fallait pas plus!

Ici, ma crème corps karité-lavande (du printemps dernier)
2 mini quantités de crème de nuit à la rose
crème de jour à la fleur d'oranger


En raclant les fonds de pot, ça a donné une grosse cuillère à soupe bien débordante à ajouter à la trace dans un savon que je voulais doux, très doux. J'avais aussi envie de colorer aux argiles et répéter une synergie d'HE qui ne nécessite pas une grande quantité d'HE et qui donne un parfum profond qui me plaît beaucoup.

Le savon (en %) :

Huile de coco 25%
Huile d'amande douce bio 20%
Huile de pépins de raisin 15%
Huile d'avocat 15%
Beurre de mangue 12,5%
Beurre de cacao 11,2%
Huile de ricin 1,3%

Soude et eau déminéralisée calculées pour un surgras de 8%

HE
Benjoin (résine) 2 grammes
Encens oliban 1 gramme
Cannelle (feuilles) 15 gouttes
Clou de girofle 15 gouttes
Geranium 4 gouttes
Patchouli 4 gouttes

Ajout de la crème hydratante à la trace

J'ai séparé ma pâte en 2 et ajouté 1 c.à.s. d'argile rose dans un des récipients et 1 c.à.s. d'argile verte dans l'autre récipient. Mon but était d'obtenir un savon à deux couleurs superposées, avec une prédominance de rose. J'ai fait un peu plus de pâte pour pouvoir déborder dans mes moules Hello Kitty et faire plaisir aux copines... Il est resté du rose alors on en profite pour étrenner un nouveau moule "biscuit" (merci Patsch <3)


Maintenant, la question que je me pose est celle-ci : pourquoi, ô pourquoi sommes-nous si frivoles avec nos savons? Errons-nous toutes de savon en savon, le dernier étant toujours le plus beau et le plus fin, jusqu'au prochain?





samedi 28 novembre 2015

Une crème douceur

Entre l'ester de sucre et ma peau, la chimie s'est produite et que dire...
LIKE! LOVE!
Pas de sensation grasse
Pas de pores bouchés
Du frais, de la souplesse, de l'hydratation qui dure et dure...

Comme je me frottais les mains avec ce qui restait de la crème visage, j'ai remarqué qu'elles profitaient aussi de la douceur de l'émulsion. J'ai donc eu envie de tenter une autre variation sur un canevas similaire. Au départ, je la voulais pour les mains, mais j'ai pensé à fiston #2 qui a déjà ses petites plaques sèches d'hiver (parenthèse : c'est tellement mieux depuis que je fais nos savons!). J'ai formulé de façon à élargir le spectre des bienfaits, mettons.

De l'eau pour hydrater
De l'hydrolat de lavande pour adoucir, nettoyer, réparer
Du gel d'aloès pour hydrater et nourrir

Puis on donne une place aux plantes macérées dans l'huile :

Macérat de camomille pour du doux, du calme, du sent-bon naturellement
Macérat de calendula pour re-du-doux, du répare-plaques-sèches

Des beurres en mini quantités, mais essentiels selon moi :

Du karité pour régénérer et protéger la peau
Du beurre de mangue pour son côté émollient

Des huiles essentielles en quantité minimale pour la douceur : lavande et camomille noble

En %

Phase aqueuse
Eau déminéralisée 63,6%
Glycérine végétale 5%
Ester de sucre 5%

Phase huileuse
Macérat camomille allemande (sur coco fractionnée) 4%
Macérat calendula (sur coco fractionnée) 8%
Beurre de karité 3%
Beurre de mangue 3%
Glyceril stéarate (cire émulsifiante végétale ou émulsifiant VE) 4,5%

Actifs et conservation
Vitamine E 0,1%
Cosgard 0,8%
HE lavande 1,5%
HE camomille noble 1,5%

Pour l'émulsion, chauffer les 2 phases jusqu'à 70-75°C, les joindre à cette température et mixer pendant quelques minutes. L'ester de sucre a tendance à mousser un peu, donc faire attention à ne pas entrer trop d'air dans l'émulsion. Ensuite, on mélange doucement à la main jusqu'à refroidissement complet de la crème. Ajouter conservateurs et huiles essentielles sous la barre des 40°C. À ce stade, l'émulsion est encore assez liquide (elle épaissira dans les heures suivantes), elle est donc facile à verser dans les contenants préalablement désinfectés qu'on choisit. Pour ma part, j'ai choisi un flacon airless et un tube tottle.

Au lendemain de cette fabrication, la crème a une belle consistance épaisse mais-pas-trop. Elle est rafraîchissante et s'étale super bien. Le beurre de mangue se fait sentir : légèrement gras les premières minutes, mais très vite la peau boit tout. Peut-être que j'en mettrais un peu moins une prochaine fois.


Voici donc ma crème douceur et souplesse pour les mains et le corps :


jeudi 26 novembre 2015

Le simplissime

Fougue et ferveur, jongler les micas et les oxydes, bouger du cintre, improviser des séparateurs dans du carton,
Produire, produire, produire
Pour le plaisir...
La joie!

Pouf!
Novembre.
Le gris.
Beyrouth.
Paris.

La mort. De très près (ma mère). De très loin.

Du coup, même si ma gaieté se retrouve

Ici

Et là

J'ai eu envie de faire du simple. Du simplissime.
Alors voilà le résultat de mon temps passé à jouer avec les quantités, avec le petit défi personnel de m'en tenir à trois huiles seulement.


J'avais du jus d'aloès acheté par mégarde (je voulais du gel d'aloès). Je l'ai donc récupéré en l'utilisant comme liquide pour diluer la soude. Les températures basses de cette période me permettent de faire mon mélange dehors et laisser refroidir. J'ai trouvé qu'avec le jus d'aloès, ça a mis plus de temps qu'avec l'eau par contre.

Ma chère Patsch m'a ouverte à l'art de savonner en réduisant l'eau. Même quantité de soude, moins d'eau, démoulage plus rapide et autres bienfaits pas encore explorés :D

HE
Orange douce 5 fold 20ml
Tangerine 5 fold 10ml
Pamplemousse rose 5ml
Benjoin 10 gouttes

J'ai que des garçons, mais pourquoi pas? Il y a une fillette en moi, après tout ^_^



C'est ici que ça devient un mystère... J'avais joué à verser une même pâte à différents stades de trace dans ce savon-ci (au miel) :


J'ai voulu reproduire cette expérience avec mon savon simplissime, puis jouer du cintre dedans, juste pour voir. Comme la couleur naturelle de la pâte m'enchantait, j'ai tout de suite mis le moule au congélateur pour éviter une phase de gel (pourquoi dit-on gel quand ça chauffe en fait? Mystère...). Il y a passé 14 heures. Je l'ai sorti et laissé tranquille jusqu'aux 24 heures ... hum ... "réglementaires"?


Démoulage facile, on se prépare à couper, hop, une première tranche et ...
SURPRISE!



Bon, j'aurais voulu, j'aurais pas pu.

Puis le lendemain matin, ça change encore :


Vous n'imaginez pas ma hâte de voir l'évolution...
Je reviens vous montrer, si ça vaut le coup!

Bon alors 3 jours plus tard, je suis déçue de constater que le pattern s'est évanoui et devient de plus en plus difficile à distinguer... Pas grave, le savon sera doux. Après tout, même si on s'amuse à faire des dessins dans la pâte, ce qui importe, c'est la douceur de nos savons et l'amour qu'on met dedans, non?