mardi 19 septembre 2017

Un savon "me time" (juste-pour-mouah)

Parce que des fois, on a envie de se faire plaisir...
Oublier toutes ces bouches affamées qui réclament, jamais rassasiées.
Parce que des fois, on choisit d'oublier de s'oublier.

Un petit savon doux et exfoliant juste-pour-mouah-bon.
Avec des trucs que j'aime dedans et un compte à régler : des baumes à lèvres au jasmin qui granulent mais dont les ingrédients sont de-luxe-top-qualité.
Aussi, de la cire de jasmin, à ajouter juste avant de mouler, pour voir si l'odeur (divine!) et la couleur tiendront.
Le tout, évidemment, en HP (hot process), pour bénéficier des ajouts.
HOP dans la mijoteuse!

La recette, pfff, facile à concevoir quand on sait ce qu'on aime!

50% olive
15% babassu
15% karité
15% cacao brut
5% ricin
3% lactate de sodium

Eau déminéralisée et soude pour un surgras de 8%

Du sucre dans l'eau de la soude pour booster la mousse - 1 c.à.c.
De la poudre d'orange, pour exfolier en douceur - 1 c.à.c bien pleine par kg d'huile
Les baumes (20g) + la cire de jasmin après la cuisson (1g)

C'est parti!

Les baumes et la cire de jasmin, pour après.


Poudre d'orange, ajoutée aux huiles fondues avant la soude


Les gras avant de fondre


Trace juste avant la cuisson


Cuisson complétée en 40 minutes - photo prise avant l'ajout des baumes et cire florale


Jolie couleur grâce aux baumes et à la cire de jasmin


Alors...

Première surprise (déception) : je ne retrouve plus la poudre d'orange dans le savon fini. Elle a coloré la pâte, mais semble s'être dissoute durant la cuisson (?).

Deuxième constat : le savon a bien une légère odeur de cire, mais pas florale du tout. En fait, on sent surtout le cacao et à ce jour, l'odeur caractéristique des savons frais sans ajout de HE ou fragrance.

Le savon produit une mousse dense, fine et crémeuse, pas très bulleuse, mais c'est ce que je recherchais. Je crois que l'ajout des baumes + cire donne ... hum... comment trouver un mot pour décrire ça... une rondeur au ressenti sur la peau? En tout cas, c'est déjà doux même testé moins de 24 heures après la coupe. Y a de l'espoir!

J'aime beaucoup sa couleur légèrement rosée et délicate. Comme la plupart des HP, il a un look bien rustique, qui me faisait fredonner la chanson thème des Flinstones alors que je découpais...



Ça arrive souvent en savonnerie, lorsqu'on tente quelque chose de nouveau, de ne pas avoir le résultat qu'on imaginait. Savez-vous quoi? Je trouve ça très bien comme ça!

samedi 16 septembre 2017

Baume à l'argile pour bébé

Un bébé tout neuf arrive bientôt, celui de ma cousine.
Quelle belle occasion pour faire des produits!
Petit défi : un baume compatible avec les couches lavables, donc sans zinc ou à peine.
Bon, avec tout ce gras, puisqu'il s'agit d'un baume à la cire d'abeille additionné d'argile, j'ai pas trop d'espoir, ça risque de tacher.
C'est pour ça que je lui offre aussi une barre détachante pour tissus 😂😋

Pour le baume, j'ai choisi d'utiliser de l'huile de coco fractionnée, du beurre de cacao brut, pour sa dureté et son odeur, un tout petit peu de karité et de la cire d'abeille blanchie.

Pour les poudres, j'ai choisi de combiner l'argile avec un peu de zinc et de l'allantoïne, même si celle-ci est hydrosoluble. Je l'avais essayée dans ce déo et j'en avais apprécié la douceur, même si à long terme le déo est devenu inefficace pour moi.

La formule : 

Huile de coco fractionnée 43%
Beurre de cacao brut 10%
Cire d'abeille blanche 5%
Beurre de karité 2%

Argile blanche (kaolin) 38%
Oxyde de zinc 1,8%
Allantoïne (optionnel) 0,2%

Comment on fait :

On fait fondre les gras ensemble. Une fois que tout est fondu, on ajoute les poudres préalablement mélangées. Personnellement, je mixe au bras mélangeur pour avoir une belle uniformité. C'est salissant et il y a des pertes, mais pas de grumeaux! On met en pot rapidement et c'est tout.


Petit avertissement : l'argile combinée à de l'eau ou humidité peut devenir un vrai festin pour les bactéries. Ne pas exposer le produit à l'humidité en y mettant des mains mouillées et très bien assécher les fesses de bébé avant d'appliquer le baume. Idéalement, on enlève doucement mais complètement dès qu'il y a de l'urine pour éviter un effet de macération.

Ce baume fait partie d'un paquet de trucs que je veux lui offrir, notamment du karité fouetté pour elle et un autre sans HE pour son bébé. Des savons très doux à l'huile d'avocat, babassu, cacao, karité, ricin et jus d'aloès, un baume au calendula et bientôt, du liniment...


J'espère que tout cela lui plaira.

samedi 2 septembre 2017

Mousse de savon

Je fais ce produit assez régulièrement, mais je n'en ai jamais fait un article.
C'est facile, rapide et on peut le modifier à sa guise.
Au départ, l'inspiration était ici.
Du côté anglophone, on parle de "whipped soap".

L'idée pour moi, c'est de recycler des retailles de savon et leur donner une deuxième vie. Mon perfectionnisme me fait triturer mes savons suffisamment pour être rapidement débordée par les retailles.

Ma version "full fafa" (comme dirait mon fils) :

Savon recyclé : 100g
Eau déminéralisée : 140g
Coco bétaïne (pour booster la mousse) : 10g
Karité : 10g
Glycérine : 10g
Suttocide A : 0,5%
Fragrance ou HE au choix 1% (je n'en mets pas)

Mode opératoire, en photos. Vous allez voir, ça parle tout seul :)















Le Suttocide A est un conservateur que j'utilise pour les produits à rincer contenant de l'eau (à 0,5%), lorsque le pH dépasse 8, car il est efficace avec les pH élevés. Attention par contre avec les HE d'agrumes, le produit change de couleur et prend des teintes de rose à rouge.

Comme les fouettés corporels, la mousse onctueuse va durcir et donner un soin qui craque quand on le prélève. Prélever, mouiller, mousser, rincer. Très agréable!

lundi 24 juillet 2017

Technique de peinture dans un savon

On a guidé mon attention vers cette vidéo.
Vous pouvez aller tout de suite à 5m19s.
Il s'agit d'une technique de peinture avec acrylique qui donne un résultat WOW!
Évidemment, ça s'est activé dans ma tête et j'ai conclu que :

1) J'en ferais un savon.
2) Ça se ferait en 2 parties et dans un grand moule.
3) Ça prendrait une base qui prend vite, donc beaucoup de gras durs.
4) Le jeu des couleurs se ferait avec seulement de l'huile d'olive, car ça donne une pâte à la texture bien fluide.
5) Ça se ferait dedans-le-moule. Pas envie de me casser la tête pour savoir où larguer la pâte qui fuit... Peut-être une autre fois...

Alors, pas très compliqué...

La base :

Huile de coco 20%
Huile de palme 22%
Beurre de mangue 8%
Huile d'arachide 28%
Huile d'olive raffinée 20%
Huile de ricin 2%
Eau déminéralisée et soude concentrée à 39% pour un surgras de 8%
Mélange de fragrances florales 3% du poids des huiles


La partie couleurs

100% huile d'olive raffinée
Soude concentrée à 45% dans eau déminéralisée pour un surgras de 5% + 3% lactate de sodium

Pour les couleurs, dans des petits contenants individuels :
Rouge : mica bordeaux + oxyde rouge
Bleu : mica + ultramarine
Jaune : oxyde jaune de Naples
Argent : mica
Un peu de dioxyde de titane pour blanchir la pâte

J'ai dilué les couleurs dans un peu d'huile (eau pour oxyde jaune et dioxyde de titane)


Ensuite, figurer dans quel genre de contenant je vais verser mon mélange de couleurs avant de le renverser sur la base. Puis ça m'est venu : réutiliser la bouteille d'huile en coupant l'embout...


Pour la suite, comme sur la vidéo, j'ai versé mes couleurs en les superposant dans une base plus claire, en recommençant à 2 reprises.

Ici, à mi-chemin :


Renverser la bouteille en bouchant l'embout avec une feuille cartonnée, puis tout près de la base, libérer la pâte en enlevant le carton. C'était étrangement très zen et apaisant de faire ça. J'aurais voulu avoir les tons froids de la vidéo, mais le savon et la peinture sont 2 médiums bien différents! Ici, ça a donné des tons plus chauds, que la caméra ne rend pas très bien. On voit bien des teintes siennes, des lignes rouges, orangées, bleues. J'ai bougé le moule dans plusieurs directions, très lentement. Probablement que si j'avais laissé couler au lieu d'avoir un rebord, ça aurait été plus intéressant...


Une fois sec :


À la découpe, grosse déception : les 2 parties se séparent. J'ai tenté un sauvetage en vaporisant d'alcool et en recollant les parties. 8 heures plus tard, c'était mieux, mais je n'ai pas pu tout rescaper... Ça m'a donné l'idée du prochain savon, on apprend de ses erreurs, hein?

En attendant, voici ce que ça donne 😊




Oups! 


Allez, ça m'a donné envie de recommencer. J'ai une idée en tête... À plus!

samedi 10 juin 2017

Baume au plantain en stick

Nous savons, au Québec, que lorsque l'eau monte au printemps et crée des zones d'eaux stagnantes, il est à prévoir que la quantité de moustiques augmentera proportionnellement (grrr) 😡

Cette année, j'ai pensé que je répéterais l'expérience du baume au plantain, mais en stick. Ayant pu constater son efficacité, je me fais une version adulte à traîner dans son sac. Ce produit n'est pas pour les enfants, à cause des huiles essentielles contenues dans la formule.

*Les huiles essentielles sont puissantes et il ne faut pas prendre les contre-indications à la légère. Ce ne sont pas que de simples arômes, ce sont des concentrations de molécules puissantes et potentiellement toxiques. La prudence est de mise!*

Le baume est surtout prévu pour apaiser les piqûres de moustiques, mais il peut aussi apaiser les petits problèmes cutanés, comme les brûlures ou les petites blessures, mais pas les plaies ouvertes. La proportion de cire d'abeille est assez élevée, car je veux concentrer les effets sur la surface de la peau. La cire, avec son effet occlusif, est parfaite pour atteindre ce but.

Pour faire la macération de plantain, je vais vous expliquer comment je procède, mais tout est pris sur l'excellent blog de l'herboriste Christophe Bernard.

On commence par cueillir quelques jeunes feuilles fraîches dans un endroit protégé de la pollution. On laisse sécher jusqu'à ce qu'elles flétrissent un peu, mais sans être cassantes. Ensuite, on coupe en petits morceaux et on mouille avec de l'alcool à 94%, qu'on peut trouver à la SAQ au Québec. On laisse reposer environ 2 heures. On met les feuilles dans un mélangeur, on couvre d'huile végétale et on mélange, en prenant soin d'enlever le couvercle pour laisser l'alcool s'évaporer. On laisse le mélangeur travailler jusqu'à ce que l'huile soit chaude (on le sent en touchant le contenant). On filtre et si nécessaire, on chauffe légèrement au bain-marie pour laisser ce qui reste d'alcool s'évaporer complètement.

Pour les détails et quantités, voyez le blog mentionné ci-haut, sous "macération avec intermédiaire alcoolique".


Coupées


Mouillées à l'alcool








À elle seule, cette macération m'a donné des résultats intéressants en l'appliquant directement sur la peau. Bon, d'accord, pas aussi spectaculaires que la plante mâchée et appliquée directement, c'est pour cela que je choisis de booster l'effet avec l'ajout des huiles essentielles, dosées à 5% de la formule.

La lavande vraie, pour son effet apaisant et cicatrisant (et son odeur hmmm)
La lavande aspic, pour sa redoutable efficacité sur les piqûres et les brûlures
La menthe poivrée, pour son effet "fresh" et antalgique
Le tea tree, pour son effet antibactérien
L'estragon pour son effet anti-inflammatoire et anti-allergique


La formule du baume en stick, en % :

65% Macérat huileux de plantain
25% cire d'abeille
5% Beurre de cacao désodorisé ou tout autre beurre de votre préférence
5% Huiles essentielles divisées comme suit :
1% lavande vraie
1,3% lavande aspic
1,3% menthe poivrée
1% tea tree
0,4% estragon

Le mode opératoire est simple et rapide : on fait fondre le tout, on ajoute les HE et c'est tout. Cependant, je fais attention de ne pas surchauffer la macération, en faisant fondre d'abord le beurre et la cire, puis en ajoutant tout doucement l'huile. À ce moment-là, on peut arrêter le feu et brasser constamment. La chaleur du bain-marie suffit souvent. Avant d'ajouter les HE, j'ai l'habitude d'enlever le contenant du bain-marie et laisser tempérer un peu. On brasse bien et on coule dans les tubes.


Avis aux lecteurs et lectrices au Canada : je fais ce baume pour mon entourage et moi-même seulement. Selon les lois canadiennes, si on voulait vendre ce produit, il faudrait faire les démarches pour obtenir un NPN (numéro de produit naturel) à cause de la proportion d'huiles essentielles qu'il contient. À bon entendeur, salut!

mercredi 19 avril 2017

Une rose pour toi...

Il fallait que j'essaie...
Je n'invente rien...

J'avais vu ceci à une époque je faisais mes premiers savons.
Il me fallait ce moule!
Alors, j'ai guetté les variations de prix sur un site de vente et lorsque ça m'a semblé "raisonnable", je l'ai commandé.

Maintenant, je l'ai, ce moule!
Et des micas... (merci à celle qui me les a envoyés!)
Et une recette...
Et un peu de temps... (c'est ce bout-là le plus précieux à mes yeux)



La formule :

Huile d'olive raffinée Bertolli 68%
Huile de babassu 18%
Beurre de karité 7%
Huile de palme 7%

Eau déminéralisée et soude pour un surgras de 8%

Mélange de fragrances florales : lavande anglaise, néroli, jasmin et rose
Dioxyde de titane dilué dans un peu d'eau pour blanchir la pâte *encore plus*

Recette doublée pour m'amuser - je voulais aussi comparer les couleurs et l'odeur entre SAF et SAFour - et faire des savons de formes différentes, pour explorer...

D'abord, je suis allée fouiller dans le matériel de dessin / peinture des enfants et j'ai trouvé 2 pinceaux que j'ai affiné en utilisant des ciseaux de coiffure, pour avoir une pointe plus fine et plus droite. Vous en faites pas, mes enfants ne le remarqueront même pas, les belles activités artistiques que je propose étant plutôt une corvée pour eux 😏


Ensuite, je me suis mise au travail, feuille par feuille, bouton de rose par bouton de rose, rose après rose... Du vert, du rose et du rouge...





Puis parallèlement, j'ai préparé mes couleurs pour mon "expérience" SAF vs. SAFour...


Ne restait qu'à faire le savon (ceci inclut toutes les étapes qu'on connaît), mettre de côté une partie de la pâte émulsionnée pour mon expérience, obtenir une trace légère puis verser doucement dans le moule au fond de roses. Je ne pouvais pas mettre ce moule au four, le silicone chauffe trop et j'aurais eu des bulles partout. C'est donc un bon vieux SAF 😊


Ensuite, je suis revenue à mes couleurs, j'ai brassé un peu pour bien amalgamer les couleurs dans la pâte, puis j'ai versé une partie dans des petits moules à pain en silicone, puis l'autre partie dans un moule silicone-dans-boîte-de-bois, qui, je trouve, fonctionne très bien en SAFour. Honnêtement, je suis consciente de la longueur de la dernière phrase, mais je ne vois pas où couper 😂

Puis attendre... Le SAFour était démoulé et coupé en 4 ou 5 heures. Observation personnelle : l'huile de babassu durcit le savon comme le fait le beurre de cacao, tout en donnant une mousse abondante et riche, un vrai coup de coeur!


J'ai dû me résigner à attendre presque 24 heures pour démouler et couper le reste. Voici d'abord ce que je constate entre SAF et SAFour, mais je ne sais pas si les photos sauront bien rendre mes observations :

1- Le blanc du SAFour est plus blanc, un peu translucide.
2- Le rouge est plus vif en SAFour
3- L'odeur du SAFour est plus intense
4- Le SAFour est plus dur et plus brillant
5- Dans le SAF, je retrouve ces petits points blancs du karité sur la surface du savon, mais pas dans le SAFour

Quelques photos (oui oui je sais, vous voulez voir l'autre savon. Ça s'en vient!). Le SAFour est le plus gros des 2 savons sur chaque photo.


Et maintenant, démouler, être émue par ces roses si simples et ce savon qui me donne envie de retourner en enfance pour jardiner avec ma grand-mère...




Et vous, avez-vous des inspirations printannières?